ÉVÈNEMENTS ZÉRO DÉCHET

SALON NATEXPO: LE BIO BUSINESS ENCORE PEU ZÉRO DÉCHET

Du 22 au 24 octobre, les professionnels du BIO se sont réunis au salon NATEXPO à Paris Villepinte. Je me suis rendue sur place pour tenter de comprendre quelle place y prend aujourd’hui la démarche «zéro déchet». Je vous propose donc une visite virtuelle du salon. Et vous allez voir que ce n’est pas encore gagné!


Le BIO a le vent en poupe

De toutes les démarches « alternatives » à la société de consommation traditionnelle, le BIO est celui qui a le plus de succès. Le chiffre d’affaires est fleurissant. Les enseignes et rayons de supermarchés se développement. Nous sommes loin maintenant de la démarche confidentielle un peu hippie et avons basculé dans le vrai business. Ce salon professionnel ce sont des hommes en costume, des linéaires impeccables, un marketing à la pointe.

Malheureusement, j'ai constaté à regret que cette locomotive BIO n'embarque que peu les autres wagons "alternatifs". 

Souvent le commerce équitable. Parfois de l’approvisionnement local ou au moins le Made in France. La tendance Vegan (surtout les substituts à base de soja) émerge de plus en plus. Quant au zéro déchet, c’est le grand écart !

La bonne nouvelle du salon c’est la part belle au VRAC ! Dès le parvis une camionnette JUSTEBIO offre des fruits secs et en entrant un grand schowroom vente les aménagements de vrac liquide et solide. Sur plusieurs stands j’en entends parler. C’est le thème à la mode. Economiquement ce concept séduit aussi. En effet, le transport est facilité, les emballages économisés. Bref, tout le monde est content. Enfin pas tout le monde puisque tout ne se vend pas aujourd’hui en vrac ! Un petit horizon des stands.

Les marques engagées et les marques commerciales

Il y a ceux qui ne voient même pas de quoi je leur parle. Ou qui se méfient de mes questions. Comme cette personne chez une marque de produits bébé : « Oh moi vous savez je suis au service commercial ». Ah donc ça ne fait pas partie de votre ADN. Sinon tu aurais su m’en dire un mot. Ou encore ce fabriquant de tisanes à qui je demande s’il y a de la colle dans l’étiquette qui tient la plante:  « Ah mais on a toutes les autorisations ».

A l’inverse, il y a ceux qui ont une démarche intégrée, orientée vers le zéro déchet, et nous les connaissons déjà : Lamazuna et Les Tendances d’Emma. Ils ont été adorables d’ailleurs.

Entre les deux, y a ceux qui essayent de progresser en la matière.

Des produits difficiles à trouver

Les pâtes et ingrédients JEAN HERVÉ par exemple abandonnent tous les emballages en plastique souple pour s’orienter vers des pots en PET recyclable et surtout réutilisables.  Et pourquoi ne pas passer tout en verre ? Un choix financier et écologique car transporter du verre plus lourd est plus cher. Et plus polluant. Difficile équilibre. 

Néanmoins, Jean Hervé tout comme Markal, sans vendre en vrac, vend en grand contenant 5kg ou même 20 kg. Mais où les acheter en tant que particulier ? Mystère.

Des freins financiers et techniques

Dans les arbitrages financiers toujours, le fabriquant de thé NUMI en sachet m’explique qu’ils suppriment progressivement les agrafes. Mais que de passer à une machine qui noue l’étiquette d’un sachet de thé c’est un investissement à six chiffres au moins. Donc ils opèrent la transition progressivement.

Au-delà de l’aspect financier, il y en a qui ont des problèmes techniques.

Le fabriquant de pâtes à tarte BIO BLEUD est très engagé : carton recyclé et recyclable, papier kraft compostable, compost à l’usine, approvisionnement circuit court. Cependant, pour éviter les conservateurs, ils n’ont pas trouvé pour le moment de solution alternative pour remplacer le plastique qui garantit la fraîcheur.

D’un point de vue zéro déchet, évidement on préférera fabriquer soi-même tous ces produits. Mais pour dépanner qui n’a pas déjà acheté une pâte toute faite ? J’aimerai que la recherche développe des produits équivalents recyclables ou compostables pour que je puisse aussi mieux consommer sans culpabiliser.

La tendance zéro déchet doit essayer de s’adresser au plus grand nombre.

Le Zéro Déchet n’est pas rentable

Finalement, le zéro déchet, vrac mis à part, est perçu comme n’étant pas «rentable» et les arguments pleuvent. Les investissements sur les nouvelles machines sont lourds. Le poids des emballages plus nobles impacte le coût du transport et potentiellement l’environnement car ce sera plus polluant. Quant au choix de produits alternatifs, il reste cher (encres végétales par exemple). En produisant moins d’emballage des emplois seront supprimés. Donc aujourd’hui c’est affaire de conviction. C’est parce que vous et moi «consomm’acteur» allons réclamer une attention sur les déchets que nous obtiendrons des évolutions.

Soyons acteurs des changements que nous attendons

Le chemin sera donc difficile. Mais pour le prochain salon Natexpo nous pourrions commencer par sensibiliser les organisateurs. Un tri sélectif a été mis en place mais tout ça semble un peu en vrac ensuite. Des poubelles par stand, sans tri cette fois, qui débordent de déchets plus ou moins cracra. Pas de kit à l’entrée avec un gobelet durable et des couverts pour toutes les dégustations. Donc chaque stand vous donne un nouveau déchet. Et si certains sont dans le durable, d’autres vous donnent sans gêne un gobelet en plastique. Le salon pourrait proposer une charte orientée zéro déchet. Car la fibre zéro déchet est présente, au moins trois trophées innovation s’inscrivent dans la tendance.

L’espoir est permis, à votre bon cœur Messieurs Mesdames !


Cet article a été écrit par un membre de la TeamZDF: LENKA.

 

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2 Comments

  • Reply Lenka 15 janvier 2018 at 19 h 41 min

    Merci Monica pour cette publication

  • Reply Thés et tisanes : VRAC vs SACHET - Le Zéro Déchet Facile 8 mai 2018 at 16 h 56 min

    […] passé au crible plusieurs marques de thé/tisane présents au salon Natexpo (vous vous souvenez de ma visite ?), aucune ne survit à l’équation gestion de l’emballage / […]

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