MAGASIN ZÉRO DÉCHET

RENCONTRE « AU POIDS CHICHE » CAMION VRAC

Depuis un peu plus d’un an, Lauriane TENON MEYER sillonne les routes aixoises avec son camion « Au Poids Chiche », pour proposer au plus grand nombre la vente en vrac, à 5g près.

Cliente régulière pour les produits et la personnalité chaleureuse de Lauriane, j’ai eu envie de partager avec vous cette belle rencontre. Interview !

Comment avez-vous commencé cette aventure ?

Depuis toujours ma famille est sensible à la protection de l’environnement : compost, fait-maison, couches lavables,… En 2014 après le reportage sur Capital, j’ai lu le livre de Béa Johnson. Donc je me suis dit, pourquoi ne pas essayer de cheminer vers le zéro déchet. Et lorsque la question du vrac s’est posée, nous avons constaté que peu de solutions autour de chez nous.

J’ai eu alors l’idée de me lancer dans la vente en vrac. Je me suis documentée (Zéro Waste France, Réseau professionnel du vrac,…), j’ai fait une immersion au Bar A Vrac à Marseille et l’incubateur InterMade m’a permis d’affiner mon projet. Et quand j’ai vu sur internet un camion vrac en Dordogne et ça a été le déclic.

Issue du milieu humanitaire, j’aime bouger, aller au-devant des gens, sensibiliser… Le camion itinérant me correspond. Le financement participatif avec Provence Booster m’a permis de me lancer en novembre 2016.

Comment choisissez-vous les produits que vous vendez ?

Dans l’offre vrac des magasins bio j’étais gênée par des provenances exotiques, comme des lentilles vertes du Canada. Je veux vraiment avoir une dimension globale : produits cultivés ou faits en France à minima. Idéalement en local voire régional et toujours équitable, respectant l’environnement et si possible bio. Alors, dans mes statuts j’ai ajouté une charte avec ces critères de choix de produits.

Et puis, j’ai la chance d’avoir un petit commerce. Avoir peu de place de stockage rend la sélection nécessaire et les livraisons en flux tendu. J’ai un approvisionnement de base mais il évolue tout le temps. Biensûr je prends en compte la saisonnalité ou la demande de mes clients. Il ne faut jamais hésiter à demander c’est l’occasion de chercher de nouveaux produits et aller à la rencontre de nouveaux producteurs.

Concrètement je trouve mes produits dans des salons, le réseau vrac, par le bouche à oreille. Et donc les conseils de mes clients.

Quelles actions faites-vous pour aller vers le zéro déchet ?

Avec mes choix de produits locaux j’ai la chance d’aller directement voir les producteurs. Ceux qui ne font pas déjà du vrac peuvent y être sensibilisés. Nous mettons alors en place un partenariat pour travailler ensemble sur des contenants.

Pour citer deux exemples, pour les calissons, je vais chez le producteur avec mes bacs. Et pour le jus de pomme nous nous sommes mis d’accord sur une consigne. Globalement les producteurs rencontrent des difficultés pour s’y mettre, par peur de l’intendance, mais mes clients jouent le jeu. D’ailleurs, je récupère même davantage de contenants que je n’en vends.

Des intermédiaires livrent certains de mes produits et dans ce cas c’est plus compliqué. Mais c’est en train d’évoluer.

A la fin du mois, quand j’ai recyclé ou donné ce que j’ai pu, il me reste 2kg de déchets résiduels, pour 250 références.

Quels sont les clients qui viennent à votre camion ?

Le public est hétéroclite avec plusieurs sensibilités : le zéro déchet ou la démarche vrac, la volonté de manger local, ou encore quelques personnes qui aiment manger des fruits secs de qualité. Devant la cité universitaire de Cuques, les étudiants viennent par proximité mais aussi pour acheter une petite quantité, au camion je vends à 5g près. Ils manquent de place dans leur chambre universitaire et ont des petits budgets.

Comment vous vous faites connaître ?

Le bouche à oreille est la meilleure reconnaissance, lorsqu’un client vient sur les conseils d’une autre personne je suis ravie. J’ai aussi des clients qui me trouvent via ma page Facebook ou même grâce à Google en cherchant « vrac Aix ». Pour ceux qui le souhaitent, j’envoie une newsletter mensuelle par mail.

Depuis peu, la médiatisation arrive avec un article dans la Provence, le relais dans des blogs, comme celui de Béa Johnson et mes premières interventions radio sur France Bleu Provence.

Pour 2018, que peut-on vous souhaiter ?

Le rythme est soutenu avec deux jeunes enfants, et même si mon mari est en appui c’est un peu difficile. En 2018, j’espère arriver à mieux équilibrer famille et travail.

Pour ce qui est de mon activité je souhaite que ça continue sur cette bonne voie car mes fournisseurs me font confiance et mes clients sont contents. En un peu plus d’un an d’existence je ne sais pas encore si mon bilan financier est bon, mais mes valeurs de proximité, de lien social mais aussi de soutient de l’agriculture locale et paysanne sont au rendez-vous.

Merci Lauriane et à bientôt au camion !

Au plaisir de vous lire

Lenka


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