UN POULAILLER PARTICIPATIF À VALENCE
Initiatives Zéro Déchet

UN POULAILLER PARTICIPATIF À VALENCE

Avoir un poulailler ce n’est pas bien original. Nous sommes de plus en plus nombreux à compter de jolies poulettes dans nos jardins personnels. Mais si je vous disais que Bastian, mon conjoint, a réussi à faire valider un projet de poulailler participatif dans notre résidence de 50 appartements? Incroyable mais vrai! Malgré beaucoup de réticences, la logique et les bienfaits de ce projets ont enfin été acceptés. Voici l’histoire de Bastian Debut et de son association Poule Eco à Valence, dans la Drôme.

UN POULAILLER PARTICIPATIF À VALENCE


Une enfance à la ferme

Bastian Debut est mon conjoint depuis plus de 6 ans et le père de mes deux petites filles. Honnêtement, mes histoires de zéro déchet ne l’ont jamais trop intéressé. D’ailleurs, c’était souvent un sujet de discorde dans notre couple. J’avais évidemment envie qu’il participe plus à mes efforts de réduction des déchets. Au contraire, lui estimait que je me laissais prendre par « la propagande commerciale du BIO ». Pourtant, Bastian est un écologiste de coeur et de souche sans même le savoir.

Bastian DEBUT

En effet, il grandit dans le Nord, dans la région de cambrai. Il passe ses mercredis d’enfant chez ses grand-parents qui ont une basse court et même un bosquet. Le travail de la terre et les animaux de ferme n’ont aucun secret pour lui. De plus, l’anti-gaspillage est ancré dans son éducation. D’ailleurs je me souviens encore de la toute première leçon qu’il a donné à l’ancienne parisienne sur consommatrice que j’étais : « On ne fait pas les courses tant que le frigo et les placards ne sont pas vides. Pas de gâchis, on finit tout! »

L’idée de construire un poulailler participatif

Finalement Bastian est bien plus écolo qu’il ne veut bien l’admettre. Mais surtout il sait la chance qu’il a eu de grandir entouré de nature. Alors il souhaitait offrir la même chance à nos filles. Cependant, nos choix de vie ont fait que nous habitons en ville, dans un immeuble de 50 logements. A sa connaissance, ce genre de projet n’avais pas encore été réalisé dans la région. Alors, bien sûr, il existe des composteurs partagés, voir même des poulaillers communaux.

D’ailleurs, une maîtresse de notre fille a également crée une association par le biais de laquelle elle installe des couveuses dans les écoles. Cela afin de sensibiliser les enfants au cycle de vie d’un oeuf, puis d’une poule. Les poussins nés de ces couveuses sont ensuite proposés à l’adoption, une fois en âge, ou alors certains sont installés dans les poulaillers communaux qu’elle gère. Cependant, son projet est plus de sensibiliser les gens, et les enfants, à la gentillesse et à la beauté des poules. D’ailleurs, elle a des poules d’ornement magnifiques! Bastian quant à lui avait vraiment pour idée de mettre en place une solution pour éviter le gaspillage alimentaire. Mais aussi pour récupérer des oeufs frais au pied de la résidence. Il y pense sérieusement au mois de mai 2019.

Un été poule en tête

Autant vous dire qu’il m’a bassinée avec son poulailler tout l’été. Il le sait, mais très sincèrement je n’y croyais pas du tout! Bien que je trouve l’idée formidable, je connais également la méfiance des gens de la ville et certains de nos voisins pas du tout écolos. Néanmoins, têtu et certain du bien fondé de son projet, il enclenche quand même les démarches. Il prend d’abord contacte avec la mairie pour s’assurer que le projet serait accepté. Puis il se renseigne pour créer une association. Enfin au mois d’août 2019 il envoie un mail au syndic de copropriété demandant à ce que le projet soit mis à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale et qu’il soit proposé au vote.

Validation et craintes

Etonnement, pour moi, tous les feux sont au vert. La mairie valide le projet et le syndic accepte d’ajouter ce sujet à la prochaine assemblée. Tous deux encouragent même Bastian à continuer son projet. Pendant ce temps, moi toujours aussi sceptique, je me prépare à affronter sa déception après le refus des copropriétaires. Néanmoins, Bastian prépare un courrier explicatif de tout son projet, avec les avantages des poules et déjà en répondant aux craintes possibles des habitants. Il les dépose dans chaque boite aux lettres de l’immeuble. Quelques jours plus tard, seuls trois personnes lui avaient répondu par la positive, les autres silence radio. Et voilà, ce que je présageai se mettait bien en place. La réticence des gens est toujours plus forte.

Assemblée générale de copropriété

Fin septembre 2019, le soir de l’assemblée générale de copropriété est arrivé. Depuis quelques semaines les échos de la résidence sont plutôt négatifs et réfractaires au projet de poulailler collectif. Néanmoins, Bastian ne se démonte pas et prépare son argumentaire. Il passe en fin de réunion, les gens sont fatigués et pressés de renter chez eux. D’abord il commence à expliquer son projet. Mais surtout il explique qu’il prendra tout en charge: les frais, la construction et l’entretien. Déjà, certains se détendent. Puis il explique les avantages multiples d’avoir ce poulailler participatif dans la résidence. Enfin, il laisse la place aux questions. Les craintes sont nombreuses et certains copropriétaires farouchement opposés au projet. Voici les quelques craintes qui ont été abordée.

Poule Eco Le Rollin

Une poule c’est bruyant et ça sent mauvais

En fait une poule, non ce n’est pas bruyant. C’est surtout monsieur le coq qui l’est! Bastian a donc fait le choix de ne pas mettre de coq, ce qui parait logique dans ce type de résidence. Quant à l’odeur, comme pour tout être vivant, tant que c’est bien entretenu, cela ne pue pas! Bien entendu, Bastian entretient le poulailler tous les jours.

Enfin, une crainte qui revient souvent ce sont les attaques d’autres animaux. Nous avons eu le droit à tout: renard, belettes, buses, chats, rats etc. En l’occurrence, Bastian a vraiment accompli un travail remarquable lors de la construction du poulailler, mais j’y reviens après.

Bref, Bastian a répondu finement à toutes les questions et finalement, incroyable mais vrai, le projet a été voté à 80% OUI!

Construction du poulailler participatif

Ce soir là, quand Bastian est revenu de la réunion et qu’il me l’a annoncé je n’en croyais pas mes oreilles! Mais à partir de ce moment, j’ai sauté à pieds joints dans l’aventure ! En plus, c’était enfin l’occasion de partager un projet en commun autour de l’écologie. Autant vous dire que j’étais aux anges! Dès le lendemain, Bastian a préparé son plan d’attaque. En effet, il a listé tout le matériel dont il allait avoir besoin pour la construction du poulailler participatif.

De mon côté j’ai essayé, sans succès, d’obtenir une collaboration avec des sites français qui proposent des pondoirs à monter soi-même. Aucun n’a donné suite, même le Leroy Merlin de chez nous n’a même pas pris la peine de répondre. Pour le coup, je dois avouer que j’étais assez étonnée. Le projet est beau, moi je proposais une belle visibilité à travers mon blog et en plus les répercussions médiatiques pouvaient être intéressantes. Seul le site poulailler direct a accepté de nous allouer une réduction de 15% sur le pondoir que nous avons choisi.

poulailler direct bassette

Le début des travaux

Après avoir fait les achats de matériel, Bastian a commencé les travaux seul, et la plupart du temps sous la pluie. En une semaine l’enclos était terminé et le poulailler monté. Heureusement, il a quand même eu un peu de l’aide au bout de quelques jours de la part d’un voisin et de 3 personnes extérieures à la résidence.

construction poulailler participatif

Pendant ce temps, je m’occupais de créer la page Facebook de l’Association Poule Eco et surtout de préparer un communiqué de presse que j’ai envoyé à la presse locale. Puis, nous avons annoncé partout que l’inauguration aurait lieu le samedi 26 octobre. Franchement, Bastian m’a impressionnée encore une fois. Surtout parce qu’il a réussi à construire un super enclos, sous la pluie, en une semaine chrono. Enfin, le vendredi 25 octobre, il est parti chercher les 10 poules qu’il a acheté chez un producteur de Montmeyran.

Inauguration et médiatisation

Le jour de lingauguration est enfin arrivé. La veille nous avions déjà accueilli des journalistes et Bastian était déjà parti enregistrer une radio. Le jour même, seules deux personnes de la résidence se sont présentées au poulailler, grosse déception. Par contre, plusieurs autres sont venus de l’extérieur. Nous avons même eu le plaisir de recevoir Michèle Ravelli, conseillère municipale déléguée à l’agenda 21. Quelques jours plus tard, le maire de valence, Nicolas Daragon a également fait le déplacement, sous la pluie! Nous lui en sommes très reconnaissants.

nicolas daragaon maire valence poulailler participatif

Adhésion à Poule Eco

De plus, les premières adhésions ont pu être signées, dont la première par Viviane Prost rédactrice à son compte. Elle tient une agence éditoriale qui m’a également donné du travail à plusieurs reprises. Comme quoi, il y a vraiment des gens profondément bons et généreux sur Terre.

adhérente poulailler participatif

Une médiatisation inattendue

Depuis deux semaines, les appels de la presse écrite, radio ou même télé ne s’arrêtent plus. Nous n’en revenons pas de cette médiatisation inattendue mais tellement agréable. Mais la plus grande surprise a été de passer aux informations nationales de France 3.

La vie du poulailler participatif

Nos poulettes sont bien installées et Bastian les bichonne plusieurs fois par jour. Pour le moment, les règles sont les suivantes: seuls les habitants de la résidence peuvent venir donner leurs restes selon la liste qui a été mise à l’entrée mais tout le monde peut devenir adhérent de l’association. Cette adhésion à prix libre, minimum 1€ pour l’assurance, donne droit à l’adhérent de venir acheter les oeufs à 30 centimes. Nous espérons sincèrement que les adhérents seront nombreux. Puis, pourquoi pas, que le projet fera des petits

Consulting en poulailler participatif

Bastian étant à la recherche d’un emploi espère pouvoir justement en faire une activité en proposant ses services pour créer d’autres poulaillers de ce genre partout en France. Alors si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure mais que vous ne vous sentez pas d’affronter cette montagne seul, Bastian est là. Vous pouvez le contacter par mail à associationpouleeco@gmail.com. Et bien entendu, vous pouvez suivre la page Facebook pour suivre la vie de nos poulettes.

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