CORONAVIRUS ET CONFINEMENT, LES PRÉMICES DE L’EFFONDREMENT
Humeurs Zéro Déchet

Coronavirus et confinement, les prémices de l’effondrement

Le coronavirus est arrivé dans nos vies comme le souffle d’une bombe à retardement. Puis le confinement nous a mis sous cloche et nous oblige aujourd’hui à réfléchir sur nos vies. Finalement, ce covid-19 a comme un goût de début d’effondrement ou tout du moins comme un bon entrainement. En tout cas, c’est comme ça que je le perçois. Je vous rassure, cet article n’a pas pour but de surfer sur la vague du coronavirus ni même de vous effrayer en vous parlant de la théorie de l’effondrement. Depuis cinq ans, je mets un point d’honneur à faire en sorte que mes articles soient accessibles à tous et surtout aux débutants. C’est pourquoi les thèmes abordés sont souvent légers et pleins de conseils pratiques. Cependant, aujourd’hui, cette situation bien particulière me donne envie de vous pousser à réfléchir.

Des municipales au confinement

Des semaines que je n’ai rien écrit ici par manque de temps. En effet, ces derniers mois ont été extrêmement prenants entre mes conférences, l’écriture de mon prochain livre à paraître et mon engagement politique au sein d’une liste municipale. Pour être honnête, j’attendais la mi-mars avec une grande impatience. Enfin, j’allais pouvoir souffler. Je ne croyais pas si bien dire! En seulement quelques jours tout a changé: 10 mars je rends mon manuscrit, 15 mars je tiens un bureau de vote dans une ambiance de début de confinement, 16 mars le confinement est stricte, mes enfants sont à la maison, mon conjoint et moi-même au chômage technique. Le reste de la planète s’arrête également. Pour une fois l’humanité entière vit simultanément un même événement terriblement impactant.

Après la stupeur, l’organisation

Après quelques jours de choc où je suis restée un peu prostrée sur mon canapé et à dormir énormément, j’ai essayé de m’organiser. Sans toutefois aller jusqu’à la mise en place d’un emploi du temps, j’ai tout de même décidé de reprendre un semblant de vie normale. En commençant par mes enfants de 5 et 3 ans qui commencent déjà à s’ennuyer. Nous avons alors mis en place quelques activités, quelques exercices, quelques apprentissages et surtout des jeux et de l’activité physique. En l’occurrence, nous avons commencé à planter les graines reçues de notre dernière box de jardinage.

Profiter d’un extérieur privé

Heureusement, bien que nous habitions en appartement, nous avons la chance d’avoir une grande terrasse et un carré de pelouse dans notre résidence. D’ailleurs, c’est sur ce carré qu’est installé notre poulailler participatif dont Bastian, mon conjoint, prends quotidiennement soin. Nous pensions aussi avoir le plaisir de souffler un peu sur notre parcelle de jardin partagé, récemment obtenue. Malheureusement, l’association qui les gère demande à ce que nous y allions une seule personne à la fois. D’un côté nous sommes rassurés de pouvoir continuer à prendre soin de nos débuts de permaculture mais d’un autre, c’est forcément frustrant de ne pas pouvoir en profiter en famille. Bien entendu, le confinement est la seule solution pour freiner la propagation du virus et nous suivons strictement les instructions.

J+ 7, du confinement, le temps de l’introspection

Aujourd’hui cela fait 7 jours que nous sommes confinés chez nous, pour la plupart en tout cas. C’est donc naturellement que, pour ma part, j’arrive à l’étape d’introspection. Nos cerveaux ont beaucoup de temps pour réfléchir en ce moment, il est bien naturel que nos questionnements soient plus profonds. Surtout que clairement le confinement ne sera pas de 15 jours mais au moins d’un mois, voir peut être plus. Forcément, cela va nous laisser non seulement du temps pour réfléchir mais aussi pour se questionner et remettre en cause nos façons de voir la vie et de la vivre.

Et si le confinement était un avant-goût de l’effondrement?

Je ne crois pas en Dieu, ni en aucune divinité. Je suis plutôt du genre rationnel. Pourtant, je crois de plus en plus aux synchronicités, aux ondes (bonnes et mauvaises) et au potentiel impact destructeur du battement d’aile du papillon. Sans doute ne vais-je pas être originale. Des textes vous expliquant les bienfaits et les impacts potentiellement positifs de ce virus font leur apparition depuis quelques jours. Mais j’ai envie de vous partager ma propre réflexion à ce sujet. D’après moi, toute cette histoire a un sérieux avant-goût d’effondrement.

Une épreuve pour l’humanité

Et si le CoronaVirus avait une cause qui nous est directement liée et que son but l’était tout autant?  Et si, cela n’était pas un hasard? Et si, en fait, c’était un réveil, brutal mais nécessaire, qui va nous donner la possibilité de répondre à tous nos problèmes? Et si finalement l’univers, le Karma, le ou les dieux, ou tout autre nom que vous souhaitez lui donner, nous envoyait un message sous la forme d’épreuve qui déterminera, si oui ou non l’espèce humaine a sa place dans cet équilibre fragile qui compose notre planète?
Et si l’humanité vivait cet événement simultanément pour une raison? Car, il faut bien l’admettre, il est rare que plusieurs pays, sur plusieurs continents, vivent un même événement exactement en même temps. Même les saisons ne sont pas les mêmes partout. 
Et si ce virus était là pour nous montrer que la planète peut encore être sauvée mais au prix d’ajustements drastiques? Et si il nous permettait de réaliser que ces ajustements sont peut être drastiques mais tout à fait réalisables. Et qu’en plus les effets sont rapides et très bénéfiques.

Remettre l’autre au centre de nos priorités

Et si le fait d’être privés de relations sociales directes nous permettait enfin de les replacer au centre de nos vies? Et si enfin on comprenait que le problème n’est pas le manque de temps mais bien les mauvaises priorités? Je suis la première à courir après le temps. Toujours pleine de projets en tête, je reporte souvent au lendemain un déjeuner avec une amie ou un appel à mes proches.

Même mes enfants en subissent les conséquences. Pourtant, s’il y a bien une priorité que je fais attention de garder ce sont mes deux filles. D’ailleurs, j’avais expliqué pourquoi ce sont elles qui ont guidé mes choix de vie personnelle et professionnelle. Pourtant, malgré le temps que je leur accorde en étant avec elles tous les mercredis, les week end et en allant les chercher tôt à l’école, je me rends compte que je rate encore beaucoup de beaux moments.

Nos aînés, les premiers touchés

Mais les personnes à qui je pense le plus ce sont nos aînés. Directement touchés et sensibles à ce virus, ils subissent de plein fouet le danger de la maladie et un total confinement qui les séparent de leur famille. Encore une fois, ces mesures sont nécessaires et seules elles peuvent les préserver. Mais cela n’en reste pas moins triste. Alors, j’espère sincèrement qu’en sortant de cette parenthèse, nous ne laisserons plus nos aînés dans un coin et que nous les intégrerons de nouveau, pleinement à la vie familiale et sociale. Ils ont tant à nous apporter et vice versa.

Les bénéfices du confinement

Le confinement dû au coronavirus commence à peine. Quelques jours sont passés depuis l’annonce fracassante, et pourtant un peu tardive, du gouvernement. Minimum 15 jours disent-ils, mais en réalité, nous savons tous que ce sera bien plus. Un mois, 6 semaines ou même deux mois? Personne ne le sait mais nous y sommes préparés. Alors nous prenons notre mal en patience.

Pollution et écologie, merci le confinement

Pendant ce temps, la planète revis sans nous et apparemment ça lui fait du bien! Chute extraordinaire de la pollution de l’air, des eaux qui redeviennent transparentes, des animaux qui reprennent leurs droits. Finalement, et à ce jour, le confinement aura plus fait pour l’écologie que tous nos efforts combinés depuis des années. Le site France Info a même montré une infographie qui explique que la pollution a drastiquement baissé en chine depuis le confinement. Et partout dans le monde on fait le même constat. « Le confinement pourrait sauver plus de vies grâce à la réduction de la pollution que le virus lui-même n’en menace », a déclaré François Gemenne, directeur de l’Observatoire Hugo, qui étudie les interactions entre les changements environnementaux, les migrations humaines et la politique.

Tout remettre en question

Le confinement aura également eu l’avantage de nous faire réfléchir. Réfléchir sur nos modes de consommation, sur nos emplois mais aussi sur nos rapports aux autres, voisins, collègues, famille et enfants. En perdant le lien, il semblerait qu’on le renoue avec plus de vigueur encore.
Nos priorités changent brusquement face au confinement. On remet les anciens soucis du quotidien en perspective. Finalement, les besoins vitaux sont de manger, boire, pouvoir se soigner, avoir un toit sur la tête.  Que sont les tracas d’un emploi face au temps de qualité passé avec ses enfants? Finalement, ce dossier valait-il vraiment les heures perdues? On prend enfin le temps de cuisiner, de lire, de rire sans compter les minutes avant de reprendre le travail.

Le confinement nous a aussi permis de réfléchir à la valeur de ces femmes et de ces hommes sous-estimés, sous-évalués, trop souvent mal-aimés qui sont aujourd’hui appelés “héros”. 
Le confinement enfin mène à l’introspection et à vivre le moment présent. Difficile à mettre en place, je suis persuadée qu’il sera tout aussi difficile à quitter une fois la vague passée.

L’après confinement, tout va-t-il changer?

Mais que va-t-il en rester de tous ces bons sentiments? Les politiciens auront ils compris que pour sauver la planète, les mesures drastiques sont en effet nécessaires. Encore faut-il les mettre en place durablement et non pas seulement en temps de crise.

Nos héros malmenés

Le personnel soignant va-t-il enfin faire entendre ses revendications justes et légitimes? Le gouvernement va-t-il enfin y répondre? La population va-t-elle enfin les soutenir dans un combat qui nous concerne et nous impacte tous. La preuve en est aujourd’hui. Les pompiers, nos sauveurs, vont-ils de nouveaux être caillassés? Les policiers, nos protecteurs aimés aujourd’hui, vont-ils redevenir nos oppresseurs détestés de demain? Les enseignants, souvent traités injustement de feignasses tout le temps en vacances, vont-ils conserver le respect que nous leur accordons enfin parce que nous mêmes ne sommes pas capables d’avoir la patience, la méthode et la pédagogie nécessaire avec nos enfants? Et oui, enseigner c’est un métier et oui ça prend du temps. Du temps avec nos enfants mais surtout du temps en amont pour tout préparer.

Professions mal-aimées

Les éboueurs vont-ils enfin apparaître ou seront-ils de nouveau les collecteurs invisibles de nos déchets? Aux premières loges de nos plus sales secrets? Parfois j’ai l’impression que les gens pensent que c’est la petite souris qui vient les débarrasser de leurs poubelles. Mais non, ce sont des femmes et des hommes, en première ligne, en contact direct avec tous nos virus, mouchoirs en papiers et aliments périmés. Et que dire de l’agro-alimentaire? De toute cette chaîne qui nous permet de manger quotidiennement? Va-t-on continuer à laisser un agriculteur se suicider chaque jour sans rien dire? Va-t-on recommencer à dire à ses enfants “travaille bien à l’école sinon tu va finir caissière au supermarché” ? Alors que ces mêmes caissières et caissiers sont là, en première ligne, face aux microbes mais surtout à l’incivilité des gens?

Internet la solution de replis

Une dernière pensée pour tous les livreurs et facteurs, femmes comme hommes, qui sont en contact direct avec chacun d’entre nous quotidiennement. Encore une fois, vont-ils de nouveau disparaître dans l’illusion d’un achat sur internet totalement dématérialisé? Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un achat sur internet nécessite des actions humaines de l’autre côté du miroir. Et qu’en tant que consommateur, nous avons un impact direct sur ces personnes. Et après?

Retour à la normal avant effondrement défintif

Personnellement je pense que la majorité des gens va sortir du confinement en n’ayant rien appris. Tout va reprendre son court. Sauf si le confinement est assez long pour que la réflexion soit réellement profonde. et dans ce cas là on comprendra enfin ce que Pablo Servigne voulait expliquer dans son livre “Comment tout peut s’effondrer“.

L’effondrement n’est pas la fin du monde comme on l’imagine. Mais plutôt la fin de notre société consumériste et auto-destructrice. C’est pour cela que je ne suis pas très fan des groupes de survivalisme qui estiment que pour survivre il faut apprendre à chasser, à se protéger et à combattre l’ennemi. Au contraire, face à l’effondrement ce n’est pas la loi du plus fort qui doit primer mais bien l’entraide sociale et universelle.

De moi vers toi

Tout comme pour le zéro déchet, se préparer à l’effondrement implique de commencer par soi pour ensuite aller vers les autres. En effet, les différents impacts de l’effondrement seront clairement ceux du confinement actuel. Il est donc nécessaire d’avoir à votre disposition un petit bout de terre à cultiver et un toit sous lequel vous abriter. Bien évidemment, plus votre autonomie sera grande plus vous vivrez sereinement l’effondrement. Mais aussi plus vous pourrez aider les autres. Car il faut être honnête: nous ne partirons pas tous avec les mêmes chances. En effet, en ville, il est bien difficile d’avoir un terrain à cultiver. L’exode rural sera alors la seule solution de replis. Et c’est à ce moment là que l’entraide devra primer face au chacun pour soi.

Le confinement actuel démontre bien, qu’au début, la majorité des gens vont plutôt agir de manière égoïste. Mais rapidement l’entraide va se mettre en place. Finalement, j’ai bon espoir que l’humanité saura faire preuve d’empathie et de bonne intelligence. Mais seul l’avenir nous le dira!

En attendant, prenez soin de vous, restez chez vous!

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2 Comments

  • Reply Séverine 26 mars 2020 at 15 h 20 min

    Merci pour cet article très intéressant. Je suis d’accord avec les différents points que tu abordes. J’en discutais justement avec ma cousine hier, et nous échangions sur le fait que ce virus n’était pas là par hasard. Que la planète nous passe un message. Non je ne suis pas complètement allumée 🙂 🙂 mais tout ce confinement mondial donne à réfléchir. Au quotidien, je retrouver du temps avec mes enfants, je cuisine, je me recentre sur les fondamentaux et ça fait du bien. Je ne sais pas si il y aura un réel post coronavirus, mais j’espère que les gens auront à minima réfléchit à tout ça. En tout cas, ça sera le cas pour moi.
    Belle journée à toi

  • Reply Charlène 26 mars 2020 at 22 h 11 min

    Merci pour cet article Monica. Tant d’articles fleurissent sur internet sur comment s’occuper durant le confinement, mais ce n’est pas Netflix qui va nous sauver.
    L’introspection et la réflexion doivent avoir leur place dans ces temps dur, autant que les liens sociaux.
    Prends soin de toi et de ta famille

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